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Après un diplôme de master en sculpture à l’Ecole Nationale Supérieure des arts visuels de La Cambre où elle s'est spécialisée dans le travail du métal, Mireille Liénard a vécu 15 ans en Grèce. Ce pays et sa mythologie traversent son œuvre. Ses créations, entre sculptures articulées, dessins et installations, sont mûrement réfléchies. Chaque élément prend vie avec raison d’être, entre références mythologiques et philosophiques. Les formes mêlent textures, couleurs et volumes, explorant la matière avec une sensibilité profonde.

Lauréate du Prix de la Jeune sculpture, ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées. Sa façon de travailler, entre son art et le commissariat, lui a donné l’envie et le besoin d’échange. Elle privilégie désormais, les projets où elle peut entrer en résonance avec d’autres artistes, aussi bien avec des écrivains qu’avec des plasticiens. 



ROUGE FLAMBÉ

Pour qu’une rencontre opère, il faut que certaines conditions soient réunies. La première est la disponibilité à son surgissement.
Ensuite, elle doit s’accompagner d’une réciprocité, qui donne la possibilité d’accomplir une alchimie.
Les Grecs appelaient ce moment particulier le Kairos, désignant l’aptitude à saisir l’occasion opportune.
Le Kairos repose sur la sensation d’intuition.
Dans l’art, la rencontre peut être esthétique mais elle peut aussi donner lieu à un rapprochement d’univers différents, interrogeant les dialogues et des similarités possibles.
La rencontre doit être un concept ouvert, de même que l’œuvre est ouverte à une multitude d’interprétations.
Il faut être disponible à l’imprévu, disposition sensible qui capte certains signes de reconnaissance.
Ce fut le cas lors de ma rencontre avec l’œuvre de Thierry Malty.

D’abord le rouge.
Un rouge organique, mis à vif, mêlant dans son image un caractère sensuel, loin d’une description figurative. Le corps est pourtant présent, mais il se dévoile par touches, par éclats, apparitions fugitives dans le flou, la lenteur. La représentation de la femme se fond dans les envolées de drapés ou se suggère dans les ondulations sculpturales.
Ensuite le mouvement.
Mouvement de l’étoffe écarlate qui résonne avec l’écoulement de la cire, mouvement de figures qui s’entrouvrent, qui se donnent, dans un désir de transmettre leur force vitale.
Les proximités complices de couleur, de matières, de courbes sont métaphores de vibrations génératrices.
Et, lorsque nos œuvres entrent en dialogue, il y a une volonté de dépassement des formes vers le dynamisme qui les habite.
Il y a là aussi une rencontre qui s'opère. 

Mireille Liénard


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