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SANDER REIJGERS


FR / Sander Reijgers est né en 1977 à Alphen aan de Rijn, aux Pays-Bas, et a obtenu son Bachelor en Beaux-Arts à l'École des Arts d'Utrecht en 2006. En 2014, il a obtenu son diplôme de professeur d'arts plastiques. En parallèle de son travail d'artiste indépendant, il enseigne les arts visuels dans une école secondaire.

Le Temps comme Matière – Sur l'œuvre de Sander Reijgers

Les peintures de Sander Reijgers sont le résultat de longs processus de superposition au cours desquels le temps devient tangible. Au fil des années, l’artiste travaille sur une seule surface, sans plan prédéfini, permettant à chaque coup de pinceau, éclat de peinture et geste pictural de s’accumuler dans la surface épaissie de l’oeuvre. Ce qui émerge n’est pas l’image d’un instant, mais une accumulation du présent - un journal intime en peinture.

L'atelier sert d'espace de notation continue : les impulsions sont enregistrées, recouvertes, reprises et recontextualisées. Dans cette pratique, la peinture n'est pas seulement un médium mais une archive — portant les traces, les souvenirs et les rythmes du travail. Progressivement, les peintures évoluent vers des objets sculpturaux dans lesquels le passé est matériellement ancré.

Plutôt que d'offrir des récits linéaires ou des représentations figuratives, les œuvres de Reijgers présentent une forme concentrée d'emmagasinement du temps. Ce que nous voyons n'est pas ce qui s'est passé, mais le fait que quelque chose s'est passé — et que cela est resté. En ce sens, les œuvres ne sont pas des représentations, mais les résidus d'une présence physique et mentale prolongée.


ENG / Sander Reijgers was born in 1977 in Alphen aan de Rijn, the Netherlands, and obtained his Bachelor of Fine Art degree at the Utrecht School of the Arts in 2006. In 2014 he graduated as a Teacher of Fine Art. In addition to his work as an autonomous artist, he teaches Visual Education at a secondary school.

Time as Matter – On the Work of Sander Reijgers

The paintings of Sander Reijgers are the result of long, layered processes in which time becomes tangible. Over the course of years, the artist works on a single surface—without a predetermined plan—allowing each brushstroke, leftover bit of paint, and painterly gesture to accumulate in the increasingly dense skin of the work. What emerges is not an image of a moment, but an accumulation of presence—a diary in paint.

The studio serves as a space of ongoing notation: impulses are recorded, painted over, resumed, and recontextualized. In this practice, paint is not merely a medium but an archive—carrying traces, memories, and rhythms of labor. Gradually, the paintings evolve into sculptural objects in which the past is materially embedded.

Rather than offering linear narratives or figurative representations, Reijgers works present a concentrated form of time storage. What we see is not what happened, but that something happened—and that it remained. In this sense, the works are not representations, but residues of a prolonged physical and mental presence.